Dans les coulisses de l’École d’été en management de la créativité dans la société d’innovation

J’ai participé au programme de la 17e édition de l’École d’été en management de la créativité dans la société d’innovation, offert par HEC Montréal, l’Université de Nantes et l’Université de Barcelone, du 25 juin au 11 juillet 2025. Ce programme propose deux semaines et demie de rencontres, de conférences d’entrepreneurs et d’organisations, des ateliers pratiques et un défi à relever en équipe, qui est proposé par une entreprise partenaire du programme (il y en a eu 6 au total). Des étudiants, professionnels, chercheurs, entrepreneurs et professeurs font partie de chaque cohorte.

Photo : Jean-François Cournoyer-Quintal, Mosaïc Montréal, été 2025

J’ai fait partie du défi Hydro-Québec qui se posait la question suivante : How might we ensure the desirability and economic viability of V2X for the entire ecosystem involved? Tout au long du programme, nous avons eu que quelques séances en fin de journée pour travailler, réfléchir et synthétiser nos idées en équipe pour proposer un angle d’innovation à l’entreprise, des pistes de solutions sur 2 présentations de 10 minutes. Par la suite, les deux étudiants dans l’équipe vont livrer un rapport d’analyse sur la question et une présentation finale à l’automne 2025, résumant le fruit de leurs recherches, de nos idées pendant l’École d’été et s’inspirant des éléments couverts pendant le programme.

Photo : Jean-François Cournoyer-Quintal, Mosaïc Montréal, été 2025

C’est il y a plus de 2 ans que j’entends parler de l’École d’été, lors d’une formation en design thinking offerte par l’École des dirigeants de HEC Montréal. Un an plus tard, je parle à une ancienne participante du programme et c’est à ce moment-là que je décide de m’y inscrire. Le programme est assez dispendieux pour les professionnels (8500 $), le prix d’un MBA! Il y a toujours la possibilité d’y participer avec le soutien de votre employeur. Pour ma part, c’est une initiative personnelle.

Bien sûr, deux semaines et demie de rencontres, de conférences et d’ateliers, c’est dur à résumer en 500 mots. Mais je vous propose quand même mes coups de coeur pour chaque ville.


Montréal

Montréal n’est pas seulement reconnue pour sa culture et sa créativité : c’est aussi un pôle d’innovation en pleine effervescence. Classée 39ᵉ écosystème de startups au monde, la métropole abrite plus de 2 100 startups et compte une communauté de 170 000 professionnels en TI, dont plus de 35 000 experts en intelligence artificielle. Avec ses universités de pointe, ses talents diversifiés et des investissements massifs, Montréal s’impose comme un terrain fertile où les idées se transforment en projets d’avenir.

Voici mes coups de coeur pendant l’École d’été, à Montréal :

1) Notre premier atelier créatif à HEC Montréal, en design thinking : J’ai adoré ce premier atelier où Niels Billou nous a proposé de choisir des photos qui racontaient l’histoire de personnes et leur environnement quotidien. Nous devions bâtir une histoire cohérente, et en séquence, avec les photos d’un seul personnage.

Ensuite, nous devions établir une problématique et solutionner celle-ci, non pas sur du papier ou l’ordinateur, mais avec du matériel pour faire du scrapbooking, une belle manière de se détacher des habitudes, de revenir avec l’essentiel, puis d’utiliser davantage notre créativité. Bien sûr, il a expliqué ce qu’est le design thinking avant de nous lancer dans cet atelier créatif. Pour moi, j’avais l’impression de revive l’atelier offert à l’École des dirigeants de HEC Montréal. Mais, j’adore ces expériences qui me sortent de ma zone de confort, alors le revivre faisait mon bonheur!

2) Notre atelier persona chez YMX Aérocité internationale de Mirabel  : Lors de la 2e journée, nous nous sommes déplacés vers YMX Innovation, l’un des partenaires de l’École d’été. Nous avons eu la chance de visiter le Centre YMX Innovation, qui est un laboratoire sur le futur du transport aérien et qui souhaite accueillir des entreprises voulant « implanter des activités de R&D, d’innovation et commerciales dans l’Est du Canada. »

L’atelier qu’on nous a proposé était de réfléchir à comment le lieu (plutôt inhabité pour le moment) peut faire vivre l’innovation dans le transport aérien et réunir différentes communautés, voir même attirer différentes clientèles. Chaque équipe avait un persona et devait développer une stratégie pour attirer ce persona vers ce lieu. Au final, chaque équipe présentait sa solution à YMX, selon le persona établi, ce qui a généré plusieurs pistes pour le Centre afin d’atteindre son objectif. Ce genre d’atelier était super concret et pratique.

3) La présentation de Kathy Malas et celle de Luc Sirois : L’École d’été a eu la chance immense de recevoir ces deux grands de l’innovation au Québec, soit Kathy Malas pour toutes ses réalisations pour le Pôle d’innovation et d’IA en santé au CHUM notamment, maintenant au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, puis Luc Sirois, l’innovateur en chef du Québec au Conseil de l’innovation du Québec.

Kathy nous a parlé comment elle a su intégrer l’intelligence artificielle (AI) pour gagner du temps en clinique. Comment? L’AI générative a soutenu la transcription, la structuration, la synthétisation et l’extraction de l’information pour la documentation clinique. Les bénéfices rencontrés? Pas moins de 1 794 journées de 8h sauvées, un nombre de patients vus par jour augmenté, un fardeau cognitif diminué de 82 % et l’expérience du personnel augmentée (84 % satisfaits de l’impact sur les interactions).

Luc Sirois nous a parlé du rôle du Conseil de l’innovation du Québec, leur réflexion sur l’encadrement de l’IA au Québec, nous a partagé quelques données sur l’utilisation de l’AI dans la Belle Province, l’histoire de l’AI, ses divers types d’utilisation, ses risques et encore plus. Des exemples inspirants de leaders en innovation, chez nous!

4) Les coulisses du siège social du Cirque du Soleil, un atelier de masque, la présentation sur le Innovation Fest (interne) et le spectacle Luzia : L’une des meilleures journées à l’École d’été à Montréal a été sans aucun doute la journée « Cirque du Soleil » et la soirée du spectacle Luzia. C’était la première fois que je visitais le siège social. Nous avons visité les bureaux, puis en matinée, on nous a transporté dans l’univers du cirque. Trois petits groupes étaient séparés pour vivre une expérience de cirque et se transposer comme artiste du Cirque. Mon atelier? Le masque! On nous proposait des ateliers pour faire émerger l’innovation… du corps. Ce n’était pas le visage qui parlait, mais les expressions du corps. Un fun fou ce matin-là à exprimer toutes sortes d’émotions ou d’animaux avec le corps. Je revivais l’époque de mes cours en théâtre et d’improvisation (ça me manque!).

Photo : Jean-François Cournoyer-Quintal, Mosaïc Montréal, Cirque du Soleil, été 2025

L’une des présentations marquantes à Montréal a été celle de Caroline Boucher Boudreau sur le Innovation Fest. C’est quoi? C’est un projet pilote en innovation que le Cirque du Soleil a testé cette année. Le concept : créer un espace de recherche et développement interne, ouvert à tous les départements pour ceux et celles souhaitant tester des numéros, de la nouvelle technologie dans leur chorégraphie, etc. Le projet pilote a eu lieu au printemps 2025, pendant 3 semaines. Il y avait un espace de création, de test et de design thinking à la fois disponible pour les artistes. Les équipes ont soumis des idées, certaines ont été sélectionnées, puis celles-ci ont pu créer et tester ces idées dans cet espace. Par la suite, sous forme de cabaret, les équipes ont présenté leur idéation devant public (les divers départements). Résultats : nouvelles synergies au Cirque, nouvelles idées pour les spectacles, plus de collaboration et peut-être une future édition Innovation Fest intégrant les communautés externes!

Et l’École d’été a eu le privilège d’être invité à assister à l’une des représentations du formidable spectacle Luzia (il reste des billets!). Parce que quoi de mieux que de voir l’innovation à l’oeuvre, en vrai! C’est toujours impressionnant de voir les artistes avec leurs chorégraphies grandioses et le talent immense au Cirque du Soleil, qui fait voir au monde entier le talent d’ici.

5) Les outils de Problem framing : La présentation de Romain Rampa et Mickaël Gardoni de l’École de Technologies Supérieurs (ÉTS) m’a vraiment interpellé, je voyais enfin quelque chose que je pourrais utiliser au travail en design de service! En résumé, ils ont présenté plusieurs méthodes pour recadrer une problématique d’innovation. Ils ont parlé de TRIZ, C-K, le design thinking (of course!), puis SCAMPER et TRIZ-DTC. Juste pour vous, un tableau résumant les approches de Problem Framing :

ApprochePrincipe cléOutils / MécanismesObjectif
TRIZ (Théorie de résolution des problèmes inventifs)Transformer le problème en contradiction pour mieux le résoudreMatrice de contradictions, familles de solutions existantesRechercher des solutions éprouvées et généralisables
C-K (Concept-Knowledge)Associer deux propriétés parfois incompatibles pour créer du nouveauCombinaison de concepts et connaissancesExplorer des alternatives inédites
Design ThinkingReformuler le problème à partir des besoins des utilisateursQuestionnement « How might we… » + observations terrainCentrer l’innovation sur l’expérience utilisateur
SCAMPERDécomposer et transformer le problème en manipulant ses éléments7 leviers : Substituer, Combiner, Adapter, Modifier, Put to another use, Éliminer, RenverserExplorer des variations, alternatives simples et concrètes
TRIZ-DTC (Dimension – Time – Cost)Repenser le problème via ses contraintes de ressourcesAnalyse de la dimension, le temps et le coûtIdentifier des pistes innovantes sous contraintes

6) La visite à l’Insectarium : C’est la première fois depuis que je suis à Montréal (15 ans déjà!) que je visitais l’Insectarium. On a même eu droit à une visite guidée très tôt le matin avant que les visiteurs s’emparent des lieux. Découvrir comment l’Insectarium a su intégrer certaines améliorations au fil des années, voir aussi comment ils arrivent à émerveiller petits et grands avec toutes les bêtes de la nature qui nous entoure. Voici une vidéo qui parle justement de comment l’Insectarium a su innover et réimaginer l’expérience, notamment à l’aide de la cocréation :

Je me souviens d’ailleurs avoir participé à un test utilisateur du Tech3Lab pour améliorer l’expérience à cet endroit emblématique de Montréal. Sous cette journée à thématique « Nature, durabilité et innovation », nous sommes malheureusement passé trop rapidement au Jardin botanique entre deux présentations PowerPoint. Quand même un beau moment j’ai eu à retomber en enfance, je ne compte plus le nombre de photos que j’ai prises avec des papillons à l’Insectarium!


Nantes

Située à l’ouest de la France, Nantes est la plus grande métropole de la région, avec plus de 600 000 habitants. Reconnue pour son dynamisme et sa capacité à innover, la ville a reçu deux distinctions européennes majeures : celle de Capitale verte de l’Europe en 2013 et de Capitale européenne de l’innovation en 2019. Portée par Nantes Métropole et l’Université de Nantes, la ville s’impose comme un pôle d’excellence en santé, comme avec le projet GINA – un nouveau quartier hospitalier unique en France, qui verra le jour d’ici 2027 et incarnera l’hôpital du futur.

Voici mes coups de coeur pendant l’École d’été, à Nantes :

1) Le Trektor robotique : L’une des premières journées à Nantes, nous avons eu l’occasion d’assister à la présentation de l’innovateur derrière le projet de tracteur robotique, le Trektor. Même qu’on a eu une démonstration (bon, dans un stationnement, mais tout de même!). Le tracteur est autonome, polyvalent et aide les agriculteurs dans leurs tâches quotidiennes, donc optimise leur productivité, en plus de réduire l’empreinte carbone. J’ai mentionné à l’inventeur qu’il y aurait de grandes occasions d’association avec le Canada. Je vois vraiment le potentiel pour nos agriculteurs d’ici! En espérant que ce projet innovateur se rende aux oreilles de nos gouvernements.

2) La Fabrique de l’innovation en santé : Ça, c’est le moment où je me suis dit : « Wow, le réseau hospitalier sait comment innover! » Nous avons vu comment l’équipe du Centre hospitalier universitaires de Nantes intègre les bonnes pratiques de l’innovation avec la Fabrique de l’innovation en santé. Ils intègrent plusieurs équipes, font de la co-création, prototypent des idées, les expérimentent sur le terrain, pour ensuite les mettre accessible auprès des patients. Un peu comme fait Kathy Malas avec le CHUM, à Montréal. Il en faudrait partout dans nos centres de santé au Canada!

3) L’expérimentation des Machines de l’île : Nous avons aussi visité les fameuses Machines de l’îles de Nantes, la plus grande attraction de la ville. « Né de l’imagination de François Delaroziere et Pierre Orefice, il se situe à la croisée des « mondes inventés » de Jules Verne, de l’univers mécanique de Léonard de Vinci et de l’histoire industrielle de Nantes, sur le site exceptionnel des anciens chantiers navals. » Une expérience immersive où l’on retourne en enfance dans le carrousel avec des créatures géantes, tout en regardant l’immense éléphant téléguidé qui s’approche du site en arrosant les passants.

4) Les 7 leçons du projet MakAir : La présentation du professeur Pierre Antoine Gouraud m’a aussi impressionnée par la grande créativité du projet. Né en réponse à la crise sanitaire de la COVID, MakAir est un respirateur de soutien vital développé pour être produit à grande échelle avec des matériaux simples, en France et à l’international. Porté par une communauté soudée et des valeurs partagées, ce projet open source a marqué une 1re mondiale en réalisant une ventilation réussie sur un patient dans le cadre d’un essai clinique approuvé.

Parmi des centaines d’initiatives, MakAir s’est distingué comme le seul respirateur conçu durant la pandémie à avoir été testé sur l’humain, illustrant un bel exemple de frugalité ingénieuse et de générosité collective. À la suite du projet, l’équipe a retenu quelques leçons que Pierre Antoine nous a généreusement partagé. C’était enfin quelque chose de concret que les participants voyaient et qu’il était facile d’appliquer demain matin dans nos futurs projets!

7 leçons du projet MakAir :

  1. Intégrer l’incertitude dans toute résolution de problème
  2. L’intelligence collective est supérieure à la somme des intelligences individuelles
  3. Une culture ouverte en informatique implique d’abandonner le contrôle centralisé
  4. Devenir « axénophobe » : une nouvelle éthique de l’altérité
  5. Un engagement à géométrie variable pour libérer la générosité individuelle
  6. Entre respect des règles et anarchie, cultiver un goût pour la transgression
  7. Développer une culture positive de l’échec

5) L’éloge du pas de côté de Philippe Ramette : Quelques conférenciers ont fait référence à ce pas de côté, en disant que l’innovation, c’est ça. C’est d’être out of the box, d’oser aller vers des chemins inconnus. L’oeuvre de Philippe Ramette, aperçue à Nantes (j’en ai profité pour la voir en vrai!), réfère à l’acte de sortir des cadres établis, de questionner les normes et d’oser l’absurde pour mieux révéler le réel. À travers ses mises en scène, souvent suspendues ou en lévitation, l’artiste incarne une pensée libre, critique et imaginative. Ce « pas de côté » devient une posture propice pour penser autrement, explorer l’inconnu et ouvrir de nouveaux horizons. C’est ça innover!


Barcelone

Barcelone, c’est bien plus que la mer salée et le soleil chaud d’été : c’est un vrai terrain de jeu pour l’innovation. Comptant plus de 1 732 066 habitants (janvier 2025) et avec ses quartiers créatifs, ses startups en ébullition et son ambiance ouverte aux idées nouvelles, la ville attire les esprits curieux et entreprenants. En 2023, la Catalogne comprenait 140 centres technologiques internationaux (ou « tech hubs »), dont 76 % sont situés dans la ville même de Barcelone (Mobile World CapitalWeb de Barcelona). Donc, environ 106 hubs à Barcelone. J’ai adoré mon séjour dans cette ville européenne effervescente, c’est comme Montréal, mais en Europe, et beaucoup beaucoup plus grand!

Voici mes coups de coeur pendant l’École d’été, à Barcelone :

1) La présentation et la rencontre avec Yves Pigneur : J’ai eu la chance de voir enfin (en vrai!), Yves Pigneur. Celui dont j’ai entendu parler tout au long de mon cheminement académique en gestion à HEC Montréal par son fameux « Business Model Canva ». L’excellent pédagogue a subjugué tous les participants de l’École d’été à Barcelone par sa présentation claire, succincte, imagée et vulgarisée. C’est mon nouvel objectif de future grande présentatrice-conférencière!

En plus, j’en ai profité bien sûr pour soutirer un cliché avec le co-auteur du « Business Model Canva ». Bien heureuse d’avoir eu ce cliché avec celui qui figure parmi les 50 penseurs du management qui exercent le plus d’influence dans le monde!

2) La curatrice du festival Sònar : Mon premier coup de coeur a été pour Antònia Folguera, curatrice du festival Sònar, qui, par son intuition, son ouverture, sa créativité et sa passion pour réunir les formes d’art, a su transformer le festival. Tellement impressionnée par sa grande soif d’innover, son intuition, sa détermination pour faire bouger les choses… et sa passion pour l’art, la culture et les technologies, j’ai tout de suite mis cet événement sur ma bucket liste! C’est un mix entre Osheaga X C2 MTL, en exponentiel.

3) La dégustation de vins à la Casa Mari-Casino de Tiana : L’École d’été nous a offert un bon moment de dégustation de vins (blanc, rouge et des bulles!), accompagnés de bouchées préparées pour harmoniser le tout en bouche. Ce moment a permis d’échanger entre nous, de relaxer, de rire, de discuter et de réseauter. Le lieu était magnifique. L’entité du Casino de Tiana a été créée en 1910. Ce bâtiment protégé du XVe siècle, de style gothique et renaissance, est considéré comme un bien culturel d’intérêt local. Entouré de jardins et offrant des vues sur la Serralada de Marina et la mer, l’Espai Can Marí est un lieu pour l’organisation d’événements pour entreprises entre autres.

Vins dégustés
L’Espai Can Marí
Casino Nou

4) La visite privée du Musée de la musique (Museu de la Música) : Lors du Jour 15, le groupe a passé la journée au Museu de la Música. Disons que c’était l’une de mes journées préférées du programme, car toutes les conférences avaient un lien avec l’art, le cinéma ou la musique. On a eu la chance d’avoir une visite privée de groupe avant que le public arrive en troupeau, c’était magique de découvrir tous ces instruments de musique conservés!

5) Le concert gratuit à la plage Sant Sebastià : J’en ai profité pour découvrir la Clàssica a la platja, une formule un peu comme l’OSM l’été à Montréal avec ses concerts gratuits, notamment au Parc olympique. Mais là, c’est encore mieux, près de l’une des plus populaires et belles plages de Barcelone. C’est la version symphonique de « Mar i Cel », la légendaire comédie musicale de Dagoll Dagom sur une musique d’Albert Guinovart qu’on a pu voir et entendre.

Une occasion unique d’avoir vu l’un des titres les plus appréciés du théâtre catalan, avec la Méditerranée en toile de fond. Magnifique soirée passée avec une collègue de l’École d’été, en plus, c’était notre journée thématique « Musique et arts » au Museu de la Música. Ça finissait bien la journée, avec une lune orangée pour clore le tout!

6) La cérémonie des diplômes de l’École d’été : Enfin le moment tant attendu le 11 juillet 2025 (voir dernière photo dans l’article). Après les 6 présentations finales des équipes (je faisais partie de la 6e équipe, avec le projet d’Hydro-Québec), on a enfin reçu, à tour de rôle, nos certificats de formation de HEC Montréal et de l’Université de Barcelone.

C’est au Hub Social Barcelona que la cérémonie s’est déroulée, lors de la 17e journée de l’École d’été. Un joli endroit revampé dans l’ancienne usine de farine Lluis Campins (1873), maintenant un espace coopératif ouvert aux organismes, militants et aux experts engagés pour l’équité et la justice sociale. À la cérémonie, nous étions tous exténués, mais fiers d’avoir accompli cette expérience. On a dû dire aurevoir à quelques-uns qui prenaient l’avion avant le dernier souper de départ.

7) Le Restaurant 7 Portes, souper de célébration : Dès la première journée à l’École d’été, les professeurs nous ont parlé de la genèse du programme. On apprenait alors que l’un des grands penseurs-fondateurs était Francesc Solé Parellada, derrière le Restaurant 7 Portes, à Barcelone. C’est quelques jours avant l’École d’été qu’il est tristement parti, le 19 juin 2025. On a vu que cette perte touchait énormément les professeurs du programme, avec raison. Ils nous ont raconté plusieurs fois que c’est dans ce fabuleux restaurant que l’étincelle s’est déclenché, il y a 17 ans.

Nous avons tous terminé le programme en beauté, après la cérémonie des certificats, à déguster de délicieux plats méditerranéens et aussi des plats traditionnels de la Catalogne dans ce restaurant mythique. Un moment marquant a été lorsque les discours des professeurs se sont enchainés pour démontrer leur amitié un envers l’autre, car l’une d’entre eux allait à la retraite. Un moment magique d’émotions. C’est là qu’on s’est dit aurevoir.

Ce que je retiens de mon expérience
  • Que la génération future est brillante, ouverte, curieuse et j’ai eu que de belles discussions avec plusieurs étudiants faisant partie de la cohorte, l’avenir s’annonce prometteur.
  • L’École d’été est un programme riche de contenu, de défis de collaboration intergénérationnelle et d’organisations/d’entrepreneurs innovant de diverses manière, mais a besoin d’une bonne refonte « business model » après 17 ans, une meilleure adaptation à la nouvelle génération étudiante, plus de pratique (comme Yves Pigneur!). Plus de moments pour échanger librement, de repos pour faire émerger l’innovation et la créativité.
  • Le programme est davantage pertinent pour des étudiants et partenaires-clients de l’École d’été, qui ont peu de connaissances en innovation. Des professionnels comme moi s’inscrivant de manière volontaire et oeuvrant en expérience client/design thinking/expérience utilisateur, très peu pertinent.
  • Des professeurs passionnés d’innovation qui gagneraient à s’impliquer/à soutenir davantage pour faciliter les équipes avec leurs défis et enjeux interpersonnels.
  • Une grande découverte d’entreprises, et surtout, d’entrepreneurs qui faisaient leur pitch d’entreprises, un peu trop même.
  • Une première pour moi, premier voyage en Espagne et en France!
Visite guidée au fabuleux Insectarium de Montréal
Soirée d’humour au Smile Comedy Club à Nantes
Alanis Morissette au Festival Cruïlla à Barcelone
  • Une forte communauté rassemble l’École d’été, mais la quantité de présentation offerte (gratuitement par les conférenciers, experts et entrepreneurs) est au détriment de la qualité du contenu.
  • L’innovation est riche ailleurs, à Nantes et Barcelone. Cette expérience permet de voir et de découvrir comment les autres appliquent l’innovation dans leur entreprise et leur industrie, ce qui est très riche pour faire des parallèles avec le « chez nous ».
  • J’aurais dû faire cette École d’été bien avant d’avoir autant de connaissances et compétences en innovation, je suis restée sur ma faim.
  • Les connexions, les nouvelles amitiés, les discussions riches entre les participants de l’École d’été, les moments où on est allé à la plage, boire un verre sur une terrasse ou voir un concert gratuit sur la plage. J’ai adoré ces moments spontanés de partages!
  • Les équipes des défis devraient bouger, on reste en équipe de défi tout le long du programme, alors que c’est en se mélangeant qu’on échange des idées, qu’on redéfini nos idées, qu’on peut les pousser plus loin et différemment.
  • Le manque de facilitateurs encadrant les équipes lors des ateliers (très peu nombreux!) pour rediriger les discussions vers l’objectif, faire émerger les voix plus silencieuses, gérer les enjeux interpersonnels, et gérer le temps!
  • L’expérience client et utilisateur, les personas, les parcours clients ont été négligés et sont tellement au coeur de l’innovation. Les défis étaient tous trop larges, peu encadrés par des pratiques de base comme définir le public visé, le parcours actuel et souhaité, des outils pour circonscrire le terrain de l’innovation. Les défis devaient être réenlignés par les participants eux-mêmes, n’ayant peu de connaissance en business model, proposition valeur, persona, parcours client, etc.
  • Deux semaines et demie à voyager, voir chaque jour les mêmes personnes, en présentiel a été tout un défi pour moi. J’avais tellement hâte d’avoir mes moments seule pour recharger mes batteries. Introvertie, mon énergie était à plat chaque jour… vive voyager seule, à mon rythme. La semaine de vacances à Barcelone a été salutaire! Voici quelques moments en solo :
Promenade au Parc Güell
Jennifer Lopez au Palau Sant Jordi 
Carmel Bunkers
  • Quand même fière de cette expérience que je me suis offerte volontairement. Si on m’avait dit un jour : « tu vas aller étudier à Barcelone, en anglais », j’aurais pouffé de rires. Je suis chanceuse d’être bilingue aujourd’hui, de pouvoir voyager seule, d’avoir le privilège dans la vie de me permettre ce genre d’expériences out of the box. Je vous souhaite de vivre et de pouvoir vous offrir ce genre d’expérience riche à tous les points de vue 🙂
Photo : Jordi Roca, Barcelone 2025

Sources :

Photos à Montréal par Jean-François Cournoyer-Quintal, tirées des photos publiées publiquement sur la page Linkedin de Mosaïc (HEC Montréal)

Mes photos personnelles

Programme de l’École d’été : https://ecole-ete.hec.ca/

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